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27 juillet 2015

Odyssée crêtoise.

C’est vers la mythique île de Crète que mes activités au sein du service des Relations Internationales m’ont conduite au mois de juin dernier. 

La Crète ! Je savais qu’un jour, je finirais par y mettre les pieds. J’ai en effet une cousine qui s’y est établie depuis plusieurs décennies, cette fameuse cousine Nath qui aime bien Gotye et que je n’avais pas vue depuis une trentaine d’année. Cette même cousine qui est la maman de ces deux charmants ados avec lesquels j’avais dîné à Paris en 2008… Il va de soi qu’elle nous a souvent dit que nous pourrions aller la voir en Crête dès que nous le voudrions mais chacun sait comment les choses se passent, dans la vie : on accepte la proposition, on se promet de le faire, ce grand voyage mais au final, on ne s’accorde jamais le temps nécessaire pour s’accorder ce plaisir. 

Or dans mon cas, c’est mon boulot qui m’a poussée à effectuer ce grand périple mais pas question pour moi d’aller chez ma cousine, finalement : elle habite à Sitia alors que je devais me rendre à Chania ou plutôt La Canée comme mentionné sur la carte ci-dessous.  

Crête

Ainsi que l’on peut le voir, ma cousine vit à l’Est de l’île alors que moi, j’allais être complètement à l’Ouest.

Mais ça, ce n’est pas nouveau !

Plus sérieusement, la préparation du voyage m’a donné de sacrées sueurs froides ! J’avais, en effet, été prévenue un peu tard de ce départ. En vérité, c’est une collègue qui était pressentie pour y aller mais comme elle avait effectué divers déplacements ces derniers temps, en avait un peu assez et souhaitait passer un peu de temps auprès de ses enfants, c’est à moi qu’on a confié le séjour… et le soin de l’organiser !

Je passerai sur les échanges de mails et les propositions faites au niveau professionnel par l’institut qui allait nous recevoir. Cela ennuierait tout le monde. Par contre, je peux dire que préparer un tel périple en si peu de temps n’est pas chose facile ! Plutôt compliqué de trouver des vols à des horaires et des prix raisonnables, sans escales hallucinantes de plusieurs dizaines d’heures ! Et en plus, c’est sacrément loin, la Crète ! Bien au-delà de la Grèce, contrairement à ce que je pensais ! 

Carte Europe

Enfin bon, après bien des recherches et poignées de cheveux arrachées (j’exagère à peine !) j’ai fini par trouver des vols à des coûts et horaires raisonnables mais le voyage à l’aller s’annonçait être une véritable odyssée ! Vous me direz, une Odyssée pour se rendre en Crête, quoi de plus normal ? 

Aux premières heures d’un beau dimanche de juin, je suis partie en taxi pour l’aéroport de Toulouse Blagnac, direction Francfort ou je passai quelques heures avant d’embrayer vers Vienne, capitale autrichienne ou j’avais passé deux semaines l’été de mes quinze ans et que j’aurais revue avec un très grand plaisir tant j’en garde un souvenir ébloui. Hélas, c’était impossible ! L’escale ne durait qu’une quarantaine de minutes ! Une escale courte, si courte que j’ai eu vraiment peur de ne pas avoir le temps de trouver ma route et d’attraper mon avion ! Le seul moment de vrai stress durant tout le séjour ! Mais au final, je m’en suis honorablement sortie et j’ai pu attraper finalement mon vol pour Héraklion. 

Héraklion ! Rien que le nom fait rêver et me ramenait aux passages des œuvres d’Homère ou de Racine étudiés à l’école ou à leurs adaptations cinématographiques que je regardais avec la plus grande passion étant plus jeune ! Ah, “L’Odyssée” avec Kirk Douglas dans le rôle d’Ulysse ! Ah, “Jason et les Argonautes” et ses effets spéciaux kitsch, naïfs mais si bluffants pour l’époque !

Ces lieux mythiques me tendaient les bras mais je ne vis ce soir-là qu’un petit aéroport où je retrouvai très vite la moitié du groupe que je devais accompagner. Comme il était très tard et que nous ne connaissions pas les lieux, nous décidâmes de prendre un taxi jusqu’à Chania ce qui ne fut pas donné mais je m’aperçus très vite qu’il fallait savoir négocier le moindre prix dans ce petit coin du monde. Et pour ça, j’ai très vie compris que je pouvais compter sans problème sur cette première moitié de mon groupe de stagiaires ! 

Et c’est donc au terme d’une course qui me permit de me rappeler que la conduite de nos amis Grecs n’a pas grand chose à envier à celle des Roumains que nous arrivâmes enfin à l’institut où nous étions attendus. 

Enfin, attendus… Il faut le dire vite ! Nous étions arrivés au beau milieu de la nuit et nous nous retrouvions à présent dans une cour sombre, parmi des bâtiments vides. Heureusement, nous avons fini par trouver une personne de permanence qui nous a conduits dans nos chambres respectives et après une douche réparatrice, je suis tombée dans mon lit, épuisée mais ravie de m'en être si bien sortie !

05 août 2013

Des classiques revisités.

De tout temps, l’œuvre de Marcel Pagnol a constitué, dans ma famille, une véritable institution. Nous avons vu tous ses films un nombre incalculable de fois : ils pouvaient passer tous les ans et même plusieurs fois par an, nous les regardions à nouveau sans nous en lasser. Nous avons aussi lu tous ses livres et regardé avec passion les adaptations de sa biographie. Nous avons aussi aimé certaines réadaptations comme “Jean de Florette” ou “Manon des Sources”. Bref, nous sommes pour ainsi dire de véritables fans. On peut affirmer sans exagérer que Marcel Pagnol était vraiment présent dans nos vies. Chaque fois qu’un de ses films était rediffusé, la soirée prenait des airs de fête et c’était un peu comme si un lointain parent marseillais venait en personne nous rendre visite. Les valeurs célébrées dans ses films correspondaient en tous points avec l’éducation que nous avons reçue. D’ailleurs, mon père, dans ses coups de gueule, ses traits d’humour et ses moments de tendresse retenue avait souvent quelque chose d’assez “raimuesque”. Et même si je sais que ce sont mes parents qui m’ont transmis les principes qui sont aujourd’hui les miens, même si je suis une personne qui vit avec son temps, je sais que c’est aussi un peu chez Monsieur Pagnol que j’ai puisé mon naturel pudique, loyal, fidèle en amitié ainsi que mon sens de la famille et mon amour de la nature ou des plaisirs vrais et simples de la vie. 

C’est donc tout naturellement que Maman et moi sommes allées voir les adaptations toutes récentes de “Marius” et “Fanny”, bien curieuses de savoir ce que Daniel Auteuil en avait fait. Nous avions déjà bien aimé sa version de “La Fille du Puisatier” sans la trouver forcément inoubliable alors nous étions vraiment impatientes de découvrir ce que l’acteur devenu réalisateur avait fait de ces deux classiques. 


 
Alors, que dire ? Les deux films résultent d’un travail de réalisation très soigné : les images de Provence et de bord de mer sont très belles, l’ambiance de la ville portuaire bien rendue ainsi que celle de l’époque. Le texte est respecté dans les grandes lignes et j’ai trouvé réjouissant d’entendre des jeunes gens qui n’avaient peut-être pas vu les versions originales rire aux éclats à la partie de cartes ou autres scènes incontournables. Pour ce qui est de l’émotion elle est également intacte : silence dans la salle et j’ai même discrètement versé ma petite larme à plusieurs reprises.

Le choix des acteurs est également judicieux. Daniel Auteuil reprend le rôle de César immortalisé par Raimu et s’en sort honorablement dans les scènes comiques ou touchantes sans en faire trop ni chercher à imiter son illustre prédécesseur. Une imitation aurait sans doute été ridicule, d’ailleurs. Jean-Pierre Darroussin campe un Panisse touchant et généreux. Quant à Marie-Anne Chazel, à des années-lumières de ses rôles de Zézette, Gigi ou Dame Ginette, elle est purement et simplement géniale en Honorine plus vraie que nature ! Et lorsque l’excellente Ariane Ascaride la rejoint pour jouer le rôle de sa sœur Claudine, on jubile !  Les deux femmes qui n’ont pas grand chose de commun à la base en viennent même à… se ressembler ! Notons enfin la composition toute en nuance de la jeune Victoire Belezy qui prête son visage joliment méridional au personnage de Fanny et nous fait oublier sans mal le jeu par trop ampoulé d’Orane Demazis. 

Quelques bémols de taille, cependant :
 - le jeune Raphaël Personnaz n’a pas toujours l’accent très juste et ne campe pas un Marius forcément convaincant
- Monsieur Brun, personnage certes secondaire mais tout de même drôlatique et attachant est ici réduit à sa plus simple expression au point d’en devenir insignifiant.
- J’ai écrit plus haut que le texte était respecté dans ses grandes lignes mais justement, manquent les “petites lignes” : des réflexions de César comme “Vous n’avez pas vu l’Andolfi ?” ou “Ne pleurez pas dans les croissants, ils sont déjà trop salés !” manquent un peu à l’appel.
- De même, on s’est principalement concentré sur la portée dramatique de l’histoire et même si on ne pouvait contourner des scènes cultes comme la partie de cartes, des moments comiques comme l’évocation de sa défunte femme par Panisse ou l’histoire du Pitalugue n’apparaissent pas et on le regrette.

On peut comprendre, cependant, que Daniel Auteuil n’ait pas voulu se livrer à un copier-coller scolaire de l’œuvre initiale. En ce sens, il témoigne aussi un certain respect vis à vis des films de Pagnol puisque son travail les revisite sans pour autant les faire oublier.

03 août 2013

K.O !

Me voilà enfin en vacances depuis une semaine. Des vacances qui seront courtes puisqu’elles ne dureront que trois semaines mais des vacances dont j’avais grand besoin. 

Je profite de ce temps libre pour me reposer, surfer sur Internet, restaurer l’apparence de ce pauvre blog en y remettant patiemment les photos disparues, prendre l’air, écrire et lire. 

Justement, j’ai fini ce jour un bouquin magnifique mais pas forcément récent puisque sorti en septembre 2012 : “La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert”, pavé de près de 670 pages signé Joël Dicker, un jeune écrivain suisse… 

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Ce bouquin m’a été offert par une collègue après que je lui ai rendu un menu service privé en réalisant pour elle la traduction d’un document en anglais en dehors de nos heures de travail. Elle m’a fait ce cadeau pour me remercier de mes efforts. Le livre promettait d’être un polar et je ne suis pas forcément portée sur ce genre de littérature. Ceux qui lisent ce blog savent que mes préférences vont à la littérature fantastique, l’héroïc fantsay, la science-fiction mais aussi le roman préhistorique et quelques ouvrages sur l’archéologie. Néanmoins, entre un ouvrage de Stephen King et un tome du “Trône de Fer” j’aime à changer de style et à parcourir un livre à l’intrigue “normale”. Avec “La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert”, je n’ai pas été déçue ! 

L’histoire est racontée à la première personne par Marcus Goldman, jeune écrivain américain confronté à un terrible syndrome de la page blanche après avoir connu un succès planétaire avec son premier roman. Las de subir la pression de son éditeur,  il décide d’aller se ressourcer dans la petite ville d’Aurora chez son ami et mentor Harry Quebert, professeur d’université et également écrivain reconnu dans tout le pays grâce à son ouvrage emblématique “Les Origines du Mal”. Durant son séjour, Marcus apprend incidemment que trente-trois ans plus tôt, Harry a vécu une histoire d’amour secrète et passionnée avec la très jeune Nola Kellergan… une histoire d’amour brutalement interrompue par la mystérieuse disparition de Nola au terme de l’été 1975. Mais bientôt tout bascule : lors de travaux dans le jardin de Harry, on déterre un squelette qui pourrait bien être celui de Nola et… un sac contenant le manuscrit des “Origines du Mal” portant la mention “Adieu, Nola chérie” ! Harry est aussitôt arrêté et risque la peine de mort. Le scandale est immense. Seul Marcus, persuadé de l’innocence de son ami va mener l’enquête à ses risques et périls, bientôt secondé par un policier local. Les témoignages des habitants d’Aurora se croisent, se télescopent, se contredisent, leurs souvenirs, au contraire, s’imbriquent, des coupures de presse et des extraits de journaux intimes nous sont livrés et la vérité se dessine lentement… du moins le croit-on mais ici, un rebondissement incroyable, là un coup de théâtre hallucinant et tout le travail d’enquête repart à zéro ! Il y a même un moment où l’on croit le travail d’investigation terminé mais il reste encore un tiers du livre à parcourir et quel tiers ! Alors que l’on se demandait ce que l’auteur pourrait bien trouver à nous raconter pendant ces deux-cents dernières pages, on est emporté dans une spirale de révélations toutes plus déstabilisantes les unes que les autres et quand on pose le livre une fois terminé sur le meuble le plus proche, on ne peut que rester assis et attendre de longues minutes d’avoir enfin digéré l’intrigue dans son intégralité. On est sonné et on se dit que ce n’est pas pour rien que deux des principaux personnages pratiquent la boxe parce que ce roman vous laisse purement et simplement K.O ! Et puis soudain, on a envie de reprendre le livre, de le relire depuis le début parce qu’on se rend compte que tout ou presque nous avait été dit bien avant la fin ! Et l’on a envie de se remettre à la chasse aux indices ! 

Honnêtement, j’avais des soupçons sur l’auteur du meurtre dès la moitié du livre mais je me rends compte que l’important, en vérité, ce n’est pas la résolution de l’énigme mais l’incroyable complexité des relations entre les personnages. Certains m’ont fait rire, d’autres m’ont effrayée, d’autre encore m’ont irritée ou émue aux larmes tandis que la confiance que j’avais en certains d’entre eux s’est émoussée avant de refaire surface,… même le narrateur a pu me paraître irritant, par moments ! Les personnages sont tous tellement attachants et ambigus à la fois ! Et si habilement croqués que malgré l’absence quasi-totale de description physique, on les voit ! Même chose pour les ambiances : elles sont terriblement bien rendues ! Que la scène se passe dans un snack-bar, au bord de la mer ou dans un appartement cossu de New York, on s’y croirait !

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert” n’est pas qu’un polar. C’est la chronique très juste d’une petite ville américaine trop paisible pour être honnête, une véritable comédie humaine contemporaine ! C’est aussi une interrogation sur l’écriture, une histoire d’amour et une histoire d’amitié, servies par une intrigue qui vous balade dans tous les sens et vous laisse hagard sur votre siège, une fois le livre refermé. C’est du grand art ! Merci, Mr Dicker ! Vous avez réalisé là un travail d’orfèvre ! Rien d’étonnant à ce que votre livre ait été plébiscité au point de recevoir le Goncourt des Lycéens au titre de l’année 2012 et le Grand Prix du Roman de l’Académie française 2012.  C’était amplement mérité…

26 mai 2013

Premier semestre.

Le mois de mai touche à sa fin et je réalise, un peu effarée, que je n’ai posté qu’un seul article depuis le début de l’année ! Déjà, l’année dernière, j’avais publié au compte-goutte ! Il semblerait que je laisse le Mimizblog s’éteindre doucement mais sûrement, tout accaparée que je suis par le Mimizdrimz et le Go, t’y es ! pour lesquels je suis très inspirée.
Par ailleurs, quand je viens sur ce blog, c’est avant tout pour y replacer les photos effacées par ma malencontreuse manipulation de février dernier. Cela prend un temps considérable. Je n’en suis, pour l’instant, qu’à décembre 2007. Il faut dire que je ne me contente pas de replacer les photos manquantes : je relis tous les articles, les purge si nécessaire de liens et de clips qui ne fonctionnent plus ou de détails qui ne regardaient finalement que moi. Il m’est même arrivé de supprimer purement et simplement quelques billets qui, avec le recul, ne sont plus très intéressants. Lors de la création de ce blog, j’ai commis l’erreur de raconter mon quotidien par le menu. Il arrive que ce soit amusant mais c’est souvent sans intérêt. En vérité, je ne savais pas exactement dans quelle direction allait partir ce blog ! Je racontais tout ce qui me passait par la tête. Aujourd’hui, je suis plus sélective.
Et justement, il n’y a pas grand chose à raconter sur ce premier semestre de l’année 2013. Il se caractérise avant toute chose par une météo particulièrement pourrie qui perdure d’ailleurs, touche la France entière et n’incite ni aux balades ni aux sorties. La vie s’écoule donc paisiblement dans notre petite maison si douillette.
Nous avons eu le très grand bonheur d’y accueillir, en début d’année, des cousins qui nous sont très chers et parmi eux, une cousine, Nath, que je n’avais plus vue depuis près de trente ans car elle vit à présent en Grèce ! Par contre, j’avais rencontré ses enfants lors d’un de mes séjours parisiens de 2008, comme je le raconte dans cet article.
Il va de soi que nous avons été très heureuses de  nous retrouver. Je l’ai fortement surprise en lui montrant le vinyle de “Phantom of the Paradise” qu’elle m’avait donné lors de son dernier séjour chez mes parents. Et elle-même m’a grandement étonnée lorsque j’ai découvert qu’elle adorait Gotye ! La façon dont je l’ai réalisé est d’ailleurs amusante. Nous étions tous réunis dans le séjour quand j’ai cru entendre mon téléphone sonner. En fait, ce sont les premières notes de  “Somebody That I Used To Know”, l’incontournable tube de Gotye, qui servent de sonnerie à mon nouveau mobile. Je me suis donc mise activement à sa recherche et à ce moment-là, Nath m’a dit que ce n’était pas mon téléphone qui jouait cette musique mais qu’elle était en train de passer la chanson sur son ordinateur. Du coup, nous nous sommes mises à parler de Gotye pour qui elle avait aussi un vrai coup de cœur et je lui ai fait découvrir mon blog et la photo de notre rencontre. Autant dire que nous avons trouvé bien des choses à nous raconter ! Mais même sans ça, nous avons vraiment renoué le contact comme si nous ne nous étions pas quittées depuis si longtemps que ça et j’espère que nous n’attendrons pas trente ans pour nous voir à nouveau !
Quoi d’autre ? Un énorme coup de cœur littéraire et télévisuel pour la série du “Trône de Fer” ou “Game of Thrones”. Tinky m’a offert la première intégrale à la faveur de mon dernier séjour parisien et je l’ai véritablement dévorée. Sur ces entrefaites, j’ai vu la première saison de la série télévisée et j’attends avec impatience de découvrir la suite, que ce soit en la lisant comme en la regardant.
Je n’ai plus eu de déplacement à Paris depuis novembre dernier et le concert de ce cher Gotye. Niveau professionnel, aucun déplacement n’a eu lieu, ni dans la capitale ni où que ce soit.
Le boulot ? Ce n’est plus vraiment ce que c’était ! L’ambiance familiale, la gestion bon enfant des services et du personnel, le travail qui se fait sans problème parce que nos chefs savent qu’on connaît nos dossiers sur le bout de doigts… tout cela disparaît progressivement au profit d’un management à l’américaine à base de procédures, de listes, de tableaux Excel, d’arborescences et autres obligations de résultats ! La dimension “humaine” de notre métier s’amenuise à mesure que grandit le sentiment d’être fliqués !  Pour l’instant, les choses restent à peu près vivables car les vieux briscards de l’Ecole, habitués au fonctionnement à l’ancienne, sont encore présents mais bientôt, ils partiront à la retraite. Des départs de collègues très proches sont d’ailleurs imminents mais après, on ne sait pas trop de quoi demain sera fait. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que tout ça ne donne plus très envie de raconter son quotidien et qu’à ce rythme-là, le boulot ne va pas rester longtemps le premier sujet dont je parlerai sur ce blog !
Un point positif, toutefois, je m’entends très bien avec mon actuelle collègue de bureau et même si nous ne tombons pas d’accord sur deux ou trois questions sociétales, nous partageons beaucoup de choses en dehors du travail : séances de cinéma, reprise du sport, beaucoup de sorties ou de repas en commun… en un mot comme en cent, il m’est arrivé très souvent de sortir et de bien m’amuser grâce à elle pendant ce premier semestre. Si j’avais été plus assidue sur ce blog, j’aurais raconté ces sorties en détail.
Nous sortons aussi beaucoup avec les gens de la chorale, Maman et moi, et nous allons de projet en projet. Je pense donc que je vais de nouveau avoir des choses sympathiques à raconter et que ce blog va reprendre vie et sans doute évoluer dans de nouvelles directions.

28 avril 2011

Quelle journée !

Ca y est : l’opération de Maman a eu lieu ce matin et elle s’est parfaitement bien déroulée. A la base, elle était programmée en début d’après-midi mais la veille, le secrétariat a appelé pour signaler qu’elle serait programmée tôt le matin et que nous devrions être là à 8h. Donc, ce matin, branle-bas de combat et sortie de la chienne bien avant l’aurore, départ en VSL et arrivée en centre-ville à 7h30. Formalités d’usages puis attribution d’une chambre bien que l’opération soit censée se dérouler en ambulatoire. Là, l’attente commence. Un peu longue. Heureusement que nous sommes là pour nous tenir mutuellement compagnie. Enfin, on vient chercher Maman vers 9h30. Pas mal pour une opération programmée à 8h !!! Mais bon, ce n’est pas grave. Une nouvelle attente commence pour moi seule, cette fois. Et c’est encore plus long ! Je lis (Les tribulations d’une caissière, bouquin autobiographique extrêmement drôle ! Un vrai petit précis de sociologie que je vous recommande à tous !), je me balade dans les couloirs, désoeuvrée j’essaie d’utiliser le distributeur de sucreries qui ne fonctionne pas (tant mieux !) et se contente de me rendre mes deux euros en pièces de dix centimes (tant pis !), puis de guerre lasse, je somnole dans le fauteuil de la chambre. Eh oui ! Se lever à 5h30, ce n’est pas dans mes habitudes et le coup de barre se fait sentir ! En prime, ils ont embarqué directement Maman dans le lit à roulettes ! Je n’ai nulle part où m’allonger, c’est pas juste !!!! Non, je rigole ! Je n’aurais jamais osé utiliser un lit d’hôpital sans être malade… Et puis on ne sait jamais : des fois qu’on m’aurait embarquée pour m’opérer à mon tour…

Mais trêve de plaisanterie. En vérité, l’attente se prolongeait et je commençais à me faire du souci. Finalement, Maman a été ramenée dans la chambre un peu avant midi. L’opération s’était parfaitement déroulée, elle ne souffrait pas mais se sentait un peu secouée et souhaitait surtout dormir. J’en ai profité pour faire un tour hors de ces lieux aseptisés histoire d’aller respirer un peu, faire quelques pas avant de m’accorder une petite collation et le café dont je rêvais depuis plusieurs heures. Rien de bien renversant niveau gastronomie, dans le coin ! Situé entre une clinique et une bouche de métro, le quartier (bien sympathique, au demeurant !) est tout de même le temple de la malbouffe restauration rapide. Mais bon : ce n’était pas un jour idéal pour faire des agapes ! 

Après ça, je suis retournée auprès de Maman qui se recomposait un peu après un repos bien mérité. Je l’ai aidée à se sustenter à son tour, puis les infirmières m’ont montré comment je pouvais l’aider à s’habiller aussi. S’en sont suivies la visite du chirurgien et de nouvelles formalités administratives puis nous sommes reparties à bord du même VSL pour arriver ici à 18h30 passées. Là, il a fallu qu’on ressorte notre super-chienne épatante qui, malgré presque douze heures d’attente, n’avait fait aucune salissure dans l’appartement, puis  j’ai couru à la pharmacie pour acheter les produits nécessaires aux soins de Maman et ensuite, nous avons passé une soirée presque comme les autres. Et maintenant, tout le monde dort, sauf moi. Mais j’avoue que je suis un peu naze aussi. Rester des heures sans rien faire est  sans doute pire que se lever à l’aube ! Sans oublier que l’inquiétude, fatigue également ! 

Et au mois de mai, ce sera au tour de mon frère Alain de se faire opérer d’une épaule. Encore des émotions en perspective ! Mais ceci est une autre histoire dont je reparlerai sans le moindre doute ici. En attendant, commençons par laisser Maman se recoller !

26 avril 2011

Les mois d’avril sont agités.

A en croire ce blog, c’est généralement le cas et cela se vérifiera encore cette année.
Il y a d’abord eu ce séjour à Paris où je me suis rendue pour suivre une brève formation mais aussi (et surtout !) pour passer quelques jours en compagnie de Tinky qui vient enfin de changer d’appartement après avoir passé près de vingt ans dans une studette minuscule sombre. et peu fonctionnelle. Son nouveau logis en est l’exact contraire : spacieux, confortable et lumineux, il est doté d’un petit vestibule, d’une pièce à vivre d’une taille plus que convenable, d’une chambre indépendante elle aussi assez vaste ainsi que d’une salle d’eau et d’une cuisine pas immenses mais dans lesquelles ont peut aisément se mouvoir sans risquer de faire tomber tout ce qui s’y trouve ! Avec son plancher au sol et ses murs uniformément blancs, il m’a un peu rappelé mon précédent appartement en plus petit mais surtout plus neuf. Situé à l’arrière d’une poste, il est également très tranquille : les habitants les plus bruyants de ces lieux ne sont autres que les oiseaux qui nichent dans un petit espace vert et qui s’agitent de bon matin. Grâce à eux, d’ailleurs, nous avons été systématiquement debout de bonne heure ce qui nous a permis de profiter d’une semaine particulièrement clémente pour la saison.
Bref, le paradis pour une personne seule vivant en plein Paris. Que dis-je ? En plein Marais ! J’avais déjà eu l’occasion de me balader dans ce quartier et il m’a toujours plu mais depuis que je l’ai arpenté en tous sens, visitant ses magasins raffinés et croisant ses habitants parfois excentriques, je suis littéralement amoureuse de ce coin de capitale chatoyant, festif et grouillant de vie. 
Le séjour a commencé par la pendaison de crémaillère chez Tinky qui avait invité bon nombre de collègues et d’amis parmi lesquels… Marylène Patou-Mathis ! Oui, vous avez bien lu : Marylène Patou-Mathis, LA spécialiste de notre cher Néanderthalien, directrice de recherches au CNRS, auteur entre autres de l’excellent bouquin Néanderthal, une autre humanité et conseillère de Jacques Malaterre pour le film Ao le Dernier Néandertal. Nous l’avions croisée lors de la fête de la Préhistoire à la Chapelle aux Saints, l’été dernier mais c’est par le biais de Facebook qu’elle a vraiment sympathisé avec Tinky (Pardi ! Une telle passionnée !) puis par extension, avec moi. Elle a donc voulu se joindre à cette pendaison de crémaillère mais j’avoue que j’avais eu un peu de mal à y croire. Une telle sommité parmi nous ? Honnêtement, j’ai vraiment pensé que quelqu’un avait usurpé son identité sur ce réseau social et que nous allions voir débarquer quelque illustre inconnu(e) avide de s’incruster au beau milieu de la fête. Mais non : il s’agissait bien d’elle et elle était tellement motivée pour venir qu’elle était même la première invitée à arriver. Et c’est ce qui a rendu possible, deux jours plus tard, l’exceptionnelle visite de l’Institut de Paléontologie Humaine, racontée dans le précédent article.
Les autres invités étaient charmants aussi, le champagne, le foie gras et les glaces s’avérèrent délicieux, l’ambiance au diapason et la soirée fut excellente, tout comme le reste du séjour durant lequel nous fumes rejointes par Helen, une autre correspondante de Tinky rencontrée sur Facebook et une fille vraiment formidable ! Quelqu’un avec qui je suis restée en contact, et que je reverrai sans doute avec beaucoup de plaisir.
Il y aurait sans doute beaucoup de choses à raconter sur cette folle semaine parisienne et sans doute évoquerai-je quelques anecdotes de temps à autre dans ce blog. Tout ce que je peux dire est qu’elle me laissera un souvenir impérissable.
Néanmoins, même si j’ai été très bien accueillie et en très agréable compagnie, je n’étais pas mécontente de retourner chez moi. D’ailleurs, je le devais. Pour la première fois, à mon boulot, ils organisaient une Journée Portes Ouvertes et en tant que chargée de la gestion administrative du fameux Master, je me devais d’être présente. La journée s’est bien passée et plutôt dans la bonne humeur. Seul bémol : je me suis massacré les talons en voulant faire du style avec des chaussures neuves et je m’en suis maudite plusieurs jours durant mais maintenant, ça va mieux. Ma coquetterie aura sans doute raison de moi, un jour.
A moins que ce ne soit un mauvais coup de froid ou un méchant microbe qui me fasse le coup ! En effet, quand je suis rentrée, Maman était aux prises avec un très mauvais rhume de printemps et je dois dire que j’ai pris toutes les précautions possibles et imaginables pour ne pas l’attraper ! Pour être sûres de ne rien nous transmettre, Maman et moi ne mélangions même pas nos serviettes de table, nous n’utilisions pas le même verre à dents ni le même tube de dentifrice. Mais je crois que quand un microbe a décidé de vous avoir, il vous a ! J’ai commencé à ressentir les premiers symptômes en milieu de semaine dernière et le jeudi, je ne pouvais carrément pas tenir debout tellement j’étais fiévreuse, faiblarde et mal fichue ! Mon médecin de famille, que je n’étais plus allée voir depuis longtemps a diagnostiqué une rhino-bronchite en surinfection (je ne savais même pas qu’un truc pareil existait !) et il m’a mise en arrêt maladie pour deux jours non sans m’avoir prescrit un traitement de cheval pour une semaine entière. C’est ainsi que j’ai prolongé mon week-end de Pâques bien malgré moi, et pas de la manière la plus agréable qui soit !
En prime, comme un malheur n’arrive jamais seul, mon ordinateur à rendu l’âme sur ces entrefaites ! Je pensais bêtement que c’était un problème de câble d’alimentation et dès que j’ai commencé à me sentir mieux, je suis allée dans le magasin où je l’avais acquis pour en changer, emmenant quand même le PC portable avec moi, on ne savait jamais. J’ai bien fait car après vérification, le verdict est tombé sans appel : la carte mère était fichue ! Comme ça, d’un coup, sans prévenir ! Mon ordi n’avait pas bugué, il s’est contenté de s’éteindre et adieu !!! Au bout de deux ans !!!! J’avais fini de le payer depuis deux mois et la garantie était achevée depuis vingt jours, vous avouerez bien que je suis maudite ! Vous dire que j’étais dépitée est l’euphémisme du siècle ! Ça m’a complètement déprimée, cette histoire ! Et bien pourri mon week-end de Pâques déjà sérieusement gâché ! De rage, j’ai pensé emprunter l’ordi de Maman pour effacer toutes mes pages Internet et tous mes sites histoire de ne plus jamais entendre parler d’informatique mais c’était finalement trop bête ! Il y avait moyen de récupérer mes données mais il fallait une nouvelle machine où les mettre alors après moult hésitations et grommèlements, je me suis décidée à acquérir un nouvel ordinateur portable apparemment plus résistant (enfin, j’espère !), doté d’un clavier plus large avec pavé numérique (je n’en avais pas sur le précédent et franchement, ça m’a manqué) et d’un écran également plus grand, particulièrement agréable quand il s’agit de visiter certains sites et réseaux sociaux.
D’ailleurs à mon boulot aussi ils se sont décidés à équiper mon ordinateur d’un grand écran plat qui me permet enfin de travailler avec aisance et en me fatiguant moins. Au bout de neuf ans ! Mieux vaut tard que jamais ! Mais enfin c’est un peu la semaine du nouveau matériel informatique pour moi.
Et comme on n’est jamais tranquille il me reste encore une nouvelle à annoncer : Maman doit se faire opérer d’une main demain matin (enfin tout à l’heure !). Rien de bien grave, apparemment : canal carpien et maladie de Dupuytren qui se mettent à deux pour la faire bien souffrir. Deux affections douloureuses mais qui se soignent apparemment sans trop de mal et en chirurgie ambulatoire mais une opération, c’est toujours ennuyeux. L’hôpital a d’ailleurs demandé à ce que quelqu’un l’accompagne et devinez qui s’y colle ?
Tout ça pour dire que le jour J vient de commencer et que je vais vous laisser car l’ambulance viendra nous chercher de très bonne heure. En vérité je devrais déjà être au lit alors bises à tous et à bientôt. Et pardon pour cet article encore une fois très long mais il couvre presque tout un mois.

02 octobre 2010

Fête de la Préhistoire (8)

Last but not least, j'ai ENFIN scanné les superbes dédicaces que j'ai eues durant cette extraordinaire Fête de la Préhistoire à la Chapelle aux Saints, en ce mémorable été 2010, aux côtés de Mimi et de son amour de maman !
Tout comme pour Mimi, MM. Roudier, Arnon et Klapczynski y sont allés de bon coeur des crayons, stylos et autres feutres, tout comme Mmes Patou-Mathis et Troilo.
Je les remercie encore pour leur gentillesse, leur extraordinaire proximité avec leur public et leurs admirateurs, et leur générosité ! Je les embrasse d'ailleurs bien fort à tous, ils sont franchement adorables !
Alors donc, voilà les choses...
Tout d'abord la dédicace de Marc Klapczynski; l'auteur d'Ao l'homme ancien, à la base du film de Jacques Malaterre -dont, contrairement à mimi, je n'ai pas eu le baise-main ni la dédicace, faute de matériel pour ce faire !- mais qui a été très aimable avec nous aussi !
Je m'en suis vue pour la scanner, le livre était un peu rebelle, et le contraste d'image, malgré tout, pas génial... Ou c'était trop sombre, ou c'était trop pâle, et on dirait que j'ai taché le livre, ce qui n'est absolument pas le cas !!! D'ailleurs,ils m'en on fait sacrément voir, ces scannings !!!
 Du coup, je la recopie, parce qu'on la voit mal, c'est lamentable !!!
'Le 1° août 2010,
A Tinky, 
En souvenir d'une sympathique rencontre à la Chapelle aux Saints, je vous souhaite un bon deuxième voyage en compagnie d'Ao sur le territoire des anciens hommes.
Bien cordialement, 
M. Klapczynski".
En effet, je me suis racheté Ao, car à sa réédition, il a modifié et simplifié les noms des personnages pour plus de commodités et être raccord avec le film de Jacques Malaterre, entre autres.
Ensuite, la dédicace de Marylène Patou-Mathis, qui est non seulement une grande scientifique férue de Néanderthal, mais aussi une dame remarquablement simple, d'un abord facile et franchement très aimable aussi.
Le scannage de la chose est un peu mieux réussi, mais l'écriture de cette très aimable scientifique n'est pas facile à lire... Donc, voilà la retranscription de la dédicace :
"A Huguette, Neandertal une autre humanité lointaine dans le temps mais culturellement si proche de nous !
Bien cordialement,
Marylène Patou-Mathis".
La dédicace sympathique de Claire Troilo, compagne de Marc Klapczynski et auteure d'Ao petit Néandertal, un petit album qui a repris les personnages de Marc Klapczynski pour faire découvrir, aux plus jeunes, -et aux gamines attardées de mon acabit !- la préhistoire au travers de ces personnages attachants. Le tout abondamment illustré des aquarelles sublimes d'Emmanuel Roudier.
Evidemment, allez donc scanner un bouquin, vous, vous m'en direz des nouvelles ! C'est commode, avec le pli des pages !!!
Et donc, voilà la raison de cette bande noire à gauche... Et là aussi, si je réglais contraste et luminosité, ça rendait la page comme crasseuse, ou ça gommait carrément la dédicace... Je suis douée, avec cet appareil, ça fait peur !
Et la dédicace que m'a faite, pour le même charmant album, Emmanuel Roudier.
  C'est vraiment totalement craquant ! Et cet album est franchement très chouette ! N'hésitez pas à l'offrir et à vous l'offrir aussi, tiens !
Mais comme j'avais abîmé à cause d'un objet méchamment tombé de mon étagère, le dos du tome I de Néandertal, toujours du même Emmanuel Roudier, je le lui ai racheté, et du coup, j'ai eu droit à cette magnifique dédicace, Mana, l'un des personnages principaux de sa saga de BD, une femme très chouette et énergique, ainsi que franchement jolie, malgré les particularités physiques néanderthaliennes.
J'aime beaucoup les personnages féminins d'Emmanuel. Ce sont toujours des personnes dévouées, sensibles, capables d'une grande énergie, et d'une volonté de fer, mais toujours fières, dignes et étrangement belles.
Là aussi, j'ai eu un petit souci de contraste et de luminosité... Mais bon, Mana est quand même franchement très belle !
Jean-Marie Arnon, que je ne connaissais pas, est lui aussi un mordu de Préhistoire, et il l'illustre d'une manière quand même bien moins réaliste qu'Emmanuel... Mais ses rêveries préhistoriques ne manquent pas de poésie et de sel, et j'ai été conquise là aussi par un monsieur extrêmement gentil et passionné, qui ne voulait pas me lâcher, lancé et inspiré qu'il était, ce dont je ne le blâme pas, parce qu'il m'a fait des dédicaces incroyables, lui aussi ! Les voici :
Tout d'abord, celle qui illustre "Totems idoles oubliées de Xaintrie", un recueil de récit légendaires purement fictifs illustrés des dessins et sculptures primitivistes de Monsieur Arnon.
J'imagine mal nos petits personnages, à Mimi et moi, pourtant des Néanderthaliens bien costauds et assez allumés, chevaucher un rhinocéros laineux !!! Ça devait être plutôt risqué, comme rodéo ! Mais la dédicace suivante, qui m'a faite marner pendant trois bonnes heures pour réussir à la scanner en entier sans qu'elle soit trop déformée ou fractionnée, était sur deux pages d'en-tête de l'album de BD Mégasauria, sa nouvelle saga !
Là aussi, ses préhistoriques sont sur des bestioles franchement pas évidentes !!! Mais c'est très chouette ! Et ça donnerait presque envie de faire comme eux !!!
Je remercie encore tous ces artistes, écrivains et savants pour leur extrême disponibilité et gentillesse, et j'espère que nous les reverrons sous peu, Mimi et moi, dans un salon ou un autre, ou lors de dédicaces dans une quelconque librairie voire en conférence ! C'était quand même des rencontres extraordinaires !

17 août 2010

Fête de la Préhistoire (6)

Ao, le livre et le film.
En 2003, un jeune auteur totalement inconnu publia aux éditions Aubéron, distribuées par Harmonia Mundi un très joli livre intitulé “Aô l’homme ancien”, sous-titré “l’odyssée du dernier Néandertal”.
 Le livre à l'origine de tout. Une pure merveille de roman !

Le livre raconte en un style enlevé et magnifique, la quête d’un jeune Néanderthalien, dernier de son clan, perdu à la limite de la zone arctique pour fuir l’avancée des autres hommes, les Cro-Magnons, violents, conquérants, et nombreux qui ont volé leur ancien territoire.

A cause des conditions extrêmes où il survit, ce clan est décimé, et décide de revenir, quelques survivants, du moins, vers les territoires ancestraux. En chemin, les survivants croisent la route d’un ours blanc, qui fuit, lui, les rigueurs du climat ! Cette rencontre franchement improbable cause la mort du père d’Ao, un tout jeune homme qui n’a pas encore subi les rites de passage à l’âge adulte, et qui, de plus, n’a pas encore de nom. Il est simplement Ao, l’homme.
Son grand-père survit encore quelques heures après la terrible rencontre avec l’ours, mais finit par mourir d’épuisement, laissant Ao seul au monde. Nanti de la peu de l’ours blanc et de sa chair, le jeune homme, désespéré, n’a d’autre choix que de reprendre la quête entamée par les siens, le retour aux terres ancestrales et la recherche de ses semblables.
Au fur et à mesure de sa progression, Ao, qui, malgré son jeune âge –il n’est pas encore pleinement adulte !- rencontre différentes tribus humaines dont celle des agresseurs qui les avaient poussés à fuir si loin au nord, les siens et lui. Poussé par la faim, il tente de leur voler à manger, mais sème une belle panique, s’enfuyant le ventre vide.
Cependant, profitant de la panique provoquée par Ao, une jeune femme, captive de ce clan, enceinte, décide de s’enfuir, pour échapper à un sort funeste et à l’infanticide de son bébé à venir.
Aki, la jeune femme enceinte, pendant qu’Ao fuit ses poursuivants, découvre, sur un plateau battu par les vents et l’orage, une grotte minuscule bien cachée dans un amas de rochers… Ao, de son côté, pris au piège, se jette dans une rivière écumante qui… rejoint la même caverne !
Aki, suite à sa fuite mouvementée, met au monde un petit garçon, et Ao, à ce moment-là, arrive, à-demi noyé, dans la rivière souterraine qui irrigue la caverne qui abrite désormais Aki et son nouveau-né. Le jeune homme s’extirpe de l’eau, et provoque l’effroi d’Aki par son aspect semi-animal et fort peu engageant.
Le jeune homme a toutes les peines du monde à faire comprendre à la jeune femme et son enfant qu’il ne leur veut aucun mal et commence alors une étrange cohabitation !
Il se remet de ses épreuves, cependant que la jeune mère de son côté s’occupe de son enfant. Quand il repart pour continuer sa quête, il est bien surpris de voir Aki et l’enfant le suivre. Plutôt suivre un homme ancien que mourir de faim et de froid, voire violentée et maltraitée par les sauvages auxquels elle et son petit viennent d’échapper ! Ao est certes bien laid et il ne parle pas sa langue, mais il est bon et n’a pas hésité à leur accorder sa protection, au bébé et elle !
Sur le plateau, les Hommes-Oiseaux, les cruels ravisseurs d’Aki, la poursuivent encore, et sont aussi à la recherche d’Ao… Ils veulent tuer le bébé d’Aki, qu’elle a eu avec un homme de son clan avant sa capture, et la ramener de force dans leur tribu, quant à Ao, c’est un Mauvais Esprit et il doit mourir… Les deux jeunes gens ne s’en laissent pas compter et liquident leurs trois poursuivants, se sauvant mutuellement la vie. Ao est blessé, mais Aki le soigne, et quand il guérit, enfin, ils repartent ensemble dans la même direction, l’une pour rejoindre sa tribu, et l’autre, retrouver ses semblables.
Au fil de nombreuses aventures, Ao et Aki parviennent dans le clan de la jeune femme où il finit par être accepté après quelques hésitations. Des hommes d’un autre clan, en visite, convoitent la jeune femme qui représente une épouse précieuse. Mais entre Ao et elle sont nés des liens solides, de l’estime, de l’amitié, et ce qui ressemble bien à de l’amour malgré leurs différences.
Le jeune frère d’Aki, qui adore sa sœur, handicapé depuis l’affrontement avec les Hommes-Oiseaux, se lie d’amitié avec Ao pour lui avoir ramenée cette sœur adorée. Tsinapa, le jeune frère, est appelé à devenir chaman, il est très doué pour faire naître des formes animales de la pierre et du bois, et il sent les choses. Il sait qu’Ao en dépit de son apparence étrange est un être humain sensible et intelligent.
Et il décide de l’aider à mener sa quête des siens.
Après un long voyage, Ao arrive sur le territoire des Anciens Hommes, mais il découvre que s’ils lui ressemblent physiquement, ils ne sont nullement ses frères par l’esprit. Alors qu’Aki et les siens ont fini par l’adopter, et l’aimer !
Il reprend donc le chemin du retour, accompagné par le fidèle Tsinapa qui l’a attendu pendant quelques lunes à l’écart, et une nouvelle vie s’ouvre devant lui aux côtés tendres d’Aki.
Tout ceci est somptueusement écrit, et a conquis le cœur et l’esprit créatif de Jacques Malaterre, le cinéaste réalisateur de l’”Odyssée de l’Espèce”, “Homo sapiens” et “Le Sacre de l’Homme”.

 Jacques Malaterre, photo tirée du site "Hominidés.com"
Lui, de l’histoire de Marc Klapczynski, en a gardé Ao, et son idylle avec Aki. Il a gardé aussi le personnage d’homme bon, généreux et paisible créé par Marc Klapczynski, mais le roman, s’il est l’inspirateur du film, n’en est qu’une lointaine source…
Le film raconte en effet la séparation d’Ao de son jumeau Oa, car sa tribu, sous la pression d’envahisseurs différents d’eux, plus graciles mais plus agressifs, doit se scinder pour survivre en s’enfuyant dans plusieurs endroits…

 Le peuple d'Ao, ravagé de toutes les manières possibles et imaginables...


Les membres du clan auquel Ao est obligé de s’unir bien malgré lui vont vers le nord, et là finissent par ne plus pouvoir tenir dans d’aussi dures conditions. Là, comme dans le livre, ils repartent vers leurs territoires d’origine, meurent tous, attaqués, en plus, par ces hommes nouveaux aux pouvoirs terrifiants, et se heurtent là aussi, à un ours blanc redoutable. Ao le tue, lui, le dernier de ce clan, et il part à la recherche des autres clans de sa tribu, et, surtout, de son frère, Oa.

 Ao, tout seul et perdu, à la recherche de ses semblables et de son jumeau, Oa.

En chemin, il se heurte à l’hostilité de ces hommes différents et, là aussi, grâce à l’aide de la Nature et du savoir qu’il en a acquis, s’évade, sauvant aussi une jeune femme enceinte, Aki.
Là aussi, les deux apprennent à se découvrir, à se connaître, et finissent par s’aimer, se faire confiance… Ao adopte même la fille d’Aki, en qui il croit reconnaître Néa, sa propre fille morte quelques lunes auparavant suite à l’assaut des hommes différents…
Au bout de moult aventures lors desquelles, Aki, retrouvant ses semblables n’est finalement pas bien accueillie car accompagnée par cet homme étrange et inquiétant qu’est Ao, ils repartent, à la recherche d’Oa et du reste de la tribu du jeune homme.

 Aki
Ils le retrouvent enfin sur le territoire des hommes anciens, mais il est trop tard. Oa est mort, dernier des siens, lui aussi. Ao, Aki et Néa sont seuls au monde, et comme ils ont unis leurs différences, ils n’appartiennent ni à l’un, ni à l’autre des groupes humains qu’ils représentent et fondent donc une nouvelle tribu. Aki met au monde un second enfant, d’Ao, celui-là. La promesse d’un avenir pour les hommes anciens, et l’explication de ces gènes curieux que la science nous a récemment trouvés…
Le livre de Marc Klapczynski est aussi sublime que la “Guerre du feu”, le classique roman préhistorique de Rosny Aîné. Dans l’esprit de Marc, l’amour sauve de toutes les situations, et triomphe des différences, les hommes anciens transmettent aux nouveaux-venus le flambeau d’un savoir immémorial et leur grande sagesse. On peut dire aussi qu’Ao est  une sorte de preux des temps antédiluviens, défenseur de la veuve et de l’orphelin, un grand homme, un héros !
Dans le film de Jacques Malaterre, si Ao est présenté comme un humain sensible et intelligent, capable de sentiments profonds et d’émotions réelles, rusé et inventif, ses différences font peur et éloignent de lui la plupart des hommes nouveaux. Seule Aki reste à ses côtés avec sa petite fille qu’il a sauvée avec elle, et l’enfant qu’elle porte de lui, promesse d’une nouvelle humanité plus forte, plus sage, peut-être. Mais la différence semble plus difficilement acceptable dans l’optique de Jacques Malaterre que dans celle de Marc Klapczynski.
Malgré quelques réserves concernant la manière dont les gens sont équipés et vêtus, les méthodes de drague d’Ao qui n’a pas vraiment là inventé l’amour courtois, il n’en reste pas moins des paysages magnifiques, un homme de Néanderthal émouvant et attachant, et un excellent film d’aventures même si je continue à trouver énervant et ridicule cette manie d’inventer des langues préhistoriques incompréhensibles utilisées dans les dialogues ! Que je sache, Grecs, Romains, Égyptiens de cinéma n’ont que très rarement parlé leurs anciennes langues, les scénaristes préférant les faire s’exprimer dans des langues modernes ! Il n’est pas plus ridicule de voir Ao s’exprimer dans un excellent français que Ramsès II ou Cléopâtre dans un anglais d’acteur shakespearien ! Pour que l’action du film soit compréhensible, elle est soutenue, tout le long, par les voix off masculines et féminines censées présenter les pensées d’Ao et Aki ! Ridicule ! Il aurait été bien plus simple et compréhensible pour tous de les laisser s’exprimer dans des langues modernes !
Mises à part ces petites réserves, il n’en reste pas moins un excellent film d’aventures sympathique, nous présentant, pour une fois, un Néanderthalien plutôt avenant et aimable, débrouillard et relativement propre sur lui, et montrant enfin une image plutôt positive dans l’ensemble, de cet ancêtre si injustement décrié ! Les personnes n’ayant jamais ouvert un livre de préhistoire de leur vie adoreront ce film, et ceux qui sont férus du sujet, mises à part les réserves citées plus haut seront eux aussi emportés par les aventures rocambolesques du dernier des Néandertal !

Fête de la Préhistoire (5).

Le lundi, rien de particulier n’était prévu avant la fin de l’après-midi. Nous avons donc passé la majeure partie de la journée à nous promener dans la campagne corrézienne qui est vraiment magnifique, même par temps mitigé : 


Même Myrtille s’en est donnée à cœur-joie, retrouvant pour quelques instants son entrain de jeune chien : 

Il faut dire qu’elle a véritablement accédé au rang de superstar de la Chapelle aux Saints, se faisant caresser et flatter par tout le monde, y compris les plus prestigieux invités de ces festivités !

C’est d’ailleurs en fin d’après-midi que nous sommes retournées au Musée de l’Homme de Néandertal pour assister à une conférence passionnante de Marylène Patou-Mathis, remarquable préhistorienne spécialisée dans l’étude de nos chers Néanderthaliens et conseillère technique sur le tournage du film “Ao, le dernier Néandertal”. Elle est aussi l’auteur du livre “Néanderthal, une autre humanité” que Tinky et moi avions déjà dévoré mais que nous n’avons pas hésité à racheter afin d’avoir chacune un exemplaire dédicacé de cet ouvrage passionnant. Mme Patou-Mathis est, à l’image de tous les autres invités de cette manifestation une personne charmante et accessible. Après sa très intéressante conférence, elle a répondu fort aimablement et fort patiemment à de nombreuses questions du public, se montrant toujours courtoise, même quand des personnes un peu distraites l’interrogeaient sur des points qu’elle avait déjà longuement abordés pendant son allocution. 

Après qu’elle ait signé nos livres et échangé quelques mots avec nous, nous avons regagné Curemonte afin que les nourritures terrestres succèdent aux nourritures de l’esprit. Une fois encore, nous n’avons pas été déçues par la délectable cuisine de Mme Raynal. Nous avons juste un peu regretté que l’extinction des lumières communales nous empêche de faire une promenade digestive qui n’aurait pas été superflue ! Nous avons quand même fort bien dormi ensuite, ravies par cette excellente journée.

15 août 2010

Fête de la Préhistoire (4).

Le dimanche suivant, de bon matin, nous sommes retournées à la Chapelle aux Saints. La journée était consacrée à diverses activités en lien avec le sujet qui nous intéressait.
Entraînement de tirs à la sagaie et au propulseur : 


Démonstration de taille de silex :




Mais aussi et surtout dédicaces d’auteurs de livres et de bandes dessinées consacrées à notre bon vieil ami de Néanderthal. 

Nous avons donc eu le plaisir de revoir Emmanuel Roudier. 

Nous avons fait la connaissance de M Jean-Marie Arnon qui consacre à la Préhistoire des bandes dessinées un peu délirantes et parodiques louchant parfois du côté de la science-fiction :



Et enfin, nous avons rencontré Marc Klapczynski, auteur d’une magnifique trilogie sur les derniers Néanderthaliens dont le premier volume “Aô l’homme ancien” vient d’être adapté par Jacques Malaterre (réalisateur de docu-fictions comme “L’Odyssée de l’Espèce”, “Homo Sapiens” ou “Le Sacre de l’Homme”) sous le titre “Ao, le dernier Néandertal”. 

La projection en avant-première dudit film était d’ailleurs prévue pour le mardi suivant devant la Bouffia Bonneval, mais nous en parlerons dans un prochain article.

 En attendant, je tiens à redire combien tous ces gens talentueux et cultivés se sont montrés aimables avec nous. Ils ont réservé aux préhistoriennes du dimanche que nous sommes un accueil des plus chaleureux et se sont montrés ouverts, à l’écoute, disponibles… et même parfois intimidés par notre enthousiasme pourtant bien raisonnable et nos compliments sincères. Ils ont réalisé pour nous de très jolies dédicaces que nous scannerons ou montrerons dans un vlog. Il faut dire que dans le cas de Marc Klapzcynski, nous n’avons pas hésité à racheter ses livres histoire d’avoir la dédicace de l’auteur ! A la surprise et à la grande confusion de l’intéressé, d’ailleurs !

Malheureusement, un orage a un peu gâché la séance et contraint les invités à migrer sans attendre sous le chapiteau où étaient servis les repas. Tinky a même aidé Emmanuel Roudier à rapatrier au sec les dessins qu’il avait exposés non loin de lui !

La journée s’est poursuivie agréablement. Des activités de gravure et de peinture étaient aussi proposées aux enfants et tout le monde y a sans doute trouvé son compte. Dommage que le temps se soit drastiquement rafraichi sur la fin. 

Pour notre part, nous avons quitté le chapiteau en fin d’après-midi afin de visiter un peu les environs qui ne manquent pas de charme et de curiosités :




Puis nous sommes retournées à la ferme-auberge pour revêtir quelques vêtements plus chauds et avons décidé de passer la soirée dans un restaurant tout proche que Mme Raynal nous avait chaleureusement recommandé, “Le Plaisance”. Malheureusement, si tous les mets proposés étaient absolument délicieux, nous n’avons pu tout finir tant les portions étaient énormes. Nous avons même dû faire l’impasse sur certains plats proposés dans le menu, au grand amusement de nos hôtes, une fois de plus, des gens charmants.

La Corrèze est décidément une terre d’opulence, pour ne pas dire un pays de Cocagne !

15 janvier 2010

Dewey Readmore Books

Lorsque l’on est hospitalisé, la lecture est le meilleur moyen (et peut-être le seul !) de combler son temps libre et tromper son ennui. C’est quelque chose que je sais par expérience. Aussi avais-je pris soin d’emporter un bouquin avec moi. Un petit livre sobrement intitulé Dewey. Une histoire de chaton abandonné recueilli par le personnel d’une bibliothèque dans une modeste ville du Midwest américain dont il devient la mascotte. Je voulais quelque chose de simple, de joli. Un bouquin pas trop lourd, au propre comme au figuré, qui ne me prenne pas la tête mais me permette de m’évader… Je n’ai pas regretté mon choix ! Cet ouvrage a parfaitement rempli sa mission. Il est même allé au-delà ! Il m’a touchée en plein coeur !
Racontée par Vicky Myron, ancienne directrice de l’établissement (et femme sérieusement malmenée par la vie !), Dewey est l’histoire simple et belle d’un chaton abandonné, retrouvé frigorifié un matin de janvier 1988, dans la boîte à lettres de la bibliothèque de Spencer, petite ville de l’Iowa. Adopté par toute l’équipe le chaton, malicieusement baptisé Dewey Readmore Book (Dewey Lisezplus Delivres) tissera avec Vicky un lien tout particulier mais saura gagner le cœur de chacun. Doté d’une nature exceptionnellement patiente et sociable ainsi que d’un véritable don d’empathie, ce simple chat va, par sa seule et chaleureuse présence, conquérir les lecteurs, ramener le sourire sur les visages d’hommes frappés par la crise agricole et le chômage, ravir les enfants, attirer la sympathie des mères, illuminer le quotidien de petits handicapés ou de personnes âgées, attendrir les hommes d’affaires… D’autres lecteurs viendront des villes voisines, puis des États voisins, puis des fans arriveront d’autres pays, juste pour le voir… L’histoire de Dewey fera le tour du monde ! Il sera même filmé par une équipe venue du Japon. Non qu’il ait fait quoi que ce soit de spectaculaire ou d’héroïque mais il aura eu le don d’exalter tout ce qu’il y a de plus positif chez ceux ont eu la chance de croiser sa route.

Vicky Myron et Dewey
Le livre est écrit dans un style vivant et simple. Ce n’est seulement l’histoire d’un chat surdoué, capable d’attirer la sympathie de tous. C'est un véritable chant d’amour : l’amour de Vicky pour ce chat exceptionnel, bien sûr, mais aussi pour sa famille, unie par des bonheurs simples et ravagée par des drames terribles. C’est aussi l’ode à une Amérique que l’on connaît mal. Pas l’Amérique de la frime et du fric, pas celle des studios d’Hollywood et des plages de Malibu, non ! L’Amérique des champs de maïs et des petites villes qui se désertifient ! Une Amérique besogneuse et rustique, un peu traditionnelle mais solidaire et simple. En parcourant ces pages, on a envie de connaître Spencer. Elle semble ressembler à ces petites bourgades que décrit si bien Stephen King (juste avant l’arrivée des zombies !).
J’ai ri aux facéties de Dewey, écrasé une larme lors du passage où il s’aventure hors de la bibliothèque et demeure introuvable… Et bien entendu, j’ai pleuré pour de bon au récit de sa mort ! Dewey est décédé d’une tumeur à l’estomac, à l’âge respectable de 19 ans. Vicky a dû se résoudre à le faire euthanasier. J’ai rarement lu des pages aussi poignantes et sobres à la fois !
Mais Dewey vit toujours dans le cœur de chacun. Son histoire touchante est inscrite au fronton de la bibliothèque de Spencer et l’on parle de lui sur le site Internet de cette dernière http://spencerlibrary.com/ Il est représenté sur la mosaïque retraçant l’historique de Spencer et de nombreuses pages lui sont consacrées sur Facebook, entre autres.
Dewey a également fait l’objet d’émissions de radio, d’articles de journaux et de documentaires télévisés. En voici un qui m’a particulièrement plu car j’ai adoré y retrouver l’ambiance du livre. Il est malheureusement en version originale non sous-titrée. A mon grand regret, je n’ai trouvé aucune vidéo sur Dewey qui soit en français ou sous-titrée dans notre langue.
L’histoire de Dewey vient de paraître en livre pour enfants et devrait aussi être adaptée au cinéma avec Meryl Streep dans le rôle de Vicky Myron.

Enfin, dernière petite nouvelle qui nous remettra du baume au cœur, Vicky, malgré sa peine et ses réticences, a fini par recueillir une nouvelle petite chatte qu’elle a appelée… Page (l’amour des livres est toujours présent !) et qui se trouve être quasiment le sosie de Dewey.
Comme ce dernier, c’est une survivante qui a été découverte dans la neige, également frigorifiée et abandonnée.
Vicky étant retraitée, Page ne succèdera pas à Dewey au sein de la bibliothèque mais l’établissement envisage d’adopter à son tour un autre chat.
Mais ceci est une autre histoire et ce n’est pas demain la veille que “Dew” sera oublié ou remplacé.
J’aurais tellement aimé connaître ce chat…
Vicky Myron et Page

09 octobre 2009

Silex and the City - Jul

Voici un article qui devrait faire plaisir à Tinky. Cette passionnée de Préhistoire qui s’enthousiasme tant sur les bandes dessinées d’Emmanuel Roudier sera ravie d’apprendre qu’une autre BD paléolithique vient de voir le jour. Commise par un certain Jul, elle offre une vision ironique de notre société moderne transbahutée dans une Préhistoire délirante. J’aimerais beaucoup trouver cette BD afin de pouvoir l’offrir à Tinky en guise de tardif cadeau d’anniversaire quand nous nous reverrons en novembre. Et me l’offrir aussi à moi car ça a l’air d’être quelque chose !

Avis de la FNAC :  Silex and the city, T1 - Silex and the city
« Nous sommes en 40 000 avant Jésus-Christ… Toute la planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle… Toute ? Non : une vallée résiste encore et toujours à l’Évolution. » Quand l’auteur de Il faut tuer José Bové revisite la préhistoire et en profite pour décrypter notre société contemporaine, il n’y a plus qu’une chose à faire : éclater de rire !
Que celui qui ne rigole pas en lisant les bandes dessinées de Jul nous jette la première pierre… euh, pardon, le premier silex ! Car Silex and the City, le nouvel album de l’auteur de Il faut tuer José Bové, La Croisade s’amuse et Le Guide du Moutard, se situe dans le cadre de la préhistoire. Bon, d’accord, une préhistoire légèrement revue et corrigée, assez éloignée de celle qui nous est enseignée dans les livres d’histoire. Résumons les faits : le héros est un certain Blog Dotcom, prof de chasse dans un collège de ZEP (comme Zone d’Evolution Prioritaire) qui se présente aux élections pour se faire élire à la tête de la vallée. Son objectif : réunir toutes les minorités visibles hominidées au-delà de leur diversité. Sa devise : « L’évolution à visage humain ». Bref, il y a du boulot. Car pour faire marcher dans la même direction les homo-sapiens, les démocrates lémuriens, les végétariens, les cannibales (oui, il faut de tout pour faire une préhistoire) et les néanderthaliens, il faut se lever tôt. Même si sa femme, Spam, prof de préhistoire-géo, est d’accord pour lui donner un coup de main. Mais Blog Dotcom ne peut pas compter sur son fils, URL : ce gredin est militant chez les alterdarwinistes radicaux. Des partisans de la décroissance qui affichent un programme en trois points : 1/ inventer la roue. 2/ inventer la voiture. 3/ dégonfler les pneus des voitures polluantes… On l’aura compris, cette fois encore, Jul a choisi de faire rire ses lecteurs. Mais il s’agit d’un rire truffé de références à notre actualité, habilement détournée et recyclée. Il est question du Monde diplodocus (les lecteurs du Monde diplomatique ont de l’humour, ils apprécieront le clin d’œil…), de mouvement des sans-grottes, d’« Évoluer plus pour gagner plus », de délocalisation en Chine par le patron d’EDF (qui signifie « Énergie du Feu ») ou encore d’un certain trappeur polonais, cousin éloigné et précurseur de notre plombier polonais à nous… Évidemment, on ne pourra s’empêcher de trouver à cette préhistoire un certain air de famille avec notre société et avec quelques-unes des mythologies de l’actualité politique et sociale. C’est toute la force de Jul, par ailleurs dessinateur de presse pour, entre autres, Charlie Hebdo : recycler quelques-uns des clichés contemporains dans un contexte radicalement différent pour mieux nous faire sourire de nous-mêmes. Jul présente sa série – car il a bien l’intention de faire une série de Silex and the City – comme « Les Simpson moins l’électricité ». C’est en tout cas au moins aussi drôle, et la famille Dotcom n’a rien à envier à la famille Simpson. On ne peut que lui souhaiter de connaître un succès comparable…

Le Mot de l'éditeur : Silex and the city, T1 - Silex and the city
Nous sommes en 40000 avant J.-C… Toute la planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle. Toute ? Non : une vallée résiste encore et toujours à l’Évolution !
« Adepte de la dernière tendance », une famille d’Homo sapiens – les Dotcom – tente pourtant de propulser ses contemporains dans la modernité. Dotés de patronymes avant-gardistes, les membres de cette famille moyenne de l’âge de pierre n’ont pourtant rien pour sortir du lot : enseignants en ZEP ( zone d’évolution prioritaire), Spam, la mère prof de préhistoire-géo, et Blog, le père prof de chasse, doivent en découdre avec leurs deux rejetons, jeunes Dolto-sapiens au caractère bien trempés. Url, le fils cadet, est un militant alter-darwiniste radical : anti-fourrure, anti-feu, et anti-chasse ! Web, la fille aînée, s’amourache d’un fils à papa : Rahan de la Pétaudière – flanqué de Lacoste, son inséparable crocodile apprivoisé.
De la Biennale d’art préhistorique contemporain aux Ancêtres de Don Quichotte, de la Fête de l’Humain aux minorités visibles néanderthales, c’est tout notre théâtre contemporain qui défile en peau de bête pour une parodie au vitriol de notre société « évoluée ».
Avec cette première série, Jul délaisse l’actualité immédiate abordée dans Il faut tuer José Bové et La croisade s’amuse pour se lancer dans une saga familiale en costumes, à l’époque de la préhistoire. Quelle meilleure lorgnette que ces âges obscurs pour éclairer nos turpitudes contemporaines ?
l'actualité littéraire
Silex and the City
Jul
Edition DARGAUD

Une autre critique :
A défaut de vaccin contre la grippe A, voici celui contre la morosité: Silex and the City, paléo-délire hilarant. Blog et Spam Dotcom, profs en ZEP (zone d'évolution prioritaire), dépriment: les élèves sont nuls et leurs propres enfants, Web et Url, ont de mauvais penchants. Url est alterdarwiniste, Web est amoureuse de Rahan de la Pétaudière, fils du patron d'EDF (Energie du Feu), le volcan privatisé.
Blog décide de se présenter à l'élection de chef de la vallée, pour la défense de l'évolution tranquille. Mais il n'est pas facile de composer une liste respectant les aurochsceptiques, les minorités visibles, notamment les cannibales, et les espèces en voie d'apparition. D'autant que la presse est contre lui: Le Poing l'appelle Dotcom le Rouge et Le Nouvel Obscurantiste dénonce sa connivence avec EDF! Les listes se multiplient: Démocratie lémurienne, Front Néanderthal, Ligue darwiniste révolutionnaire, UMP (Union pour la majorité des primates) et, bien sûr, Chasse, pêche, nature et tradition... Blog Dotcom se rend à la Biennale d'art préhistorique contemporain pour rencontrer les électeurs branchés, mais les adorateurs de Mammouth font un scandale parce que des artistes ont caricaturé leur idole. Puis il va à la Fête de l'Humain pour séduire l'électorat «Néanderstal'»: cela sera-t-il suffisant? Suspense chez les sapiens.
Christophe Barbier


Plutôt prometteur ! J’ai bien envie de lire ça !

06 octobre 2009

Vide grenier.

Ce week-end, Maman et moi avons décidé de participer à un vide-grenier organisé dans un village voisin. Il faut dire qu'en nous installant ensemble, nous avons en quelque sorte fait rentrer le contenu de deux T3 dans un T3 ! Et puisque nous ne pouvions pas pousser les murs pour que tout y contienne, nous avons pensé à effectuer quelques ventes notamment de vêtements.


Pour l'occasion, nous avons acheté un portant mais nous avons éprouvé quelques difficultés à le monter et au final, notre portant ressemblait plus à une sculpture contemporaine qu'à n'importe quoi d'autre ! Du coup, j'ai eu l'idée de rentabiliser l'arbre le plus proche en accrochant nos porte-manteaux à ses branches les plus basses  !


Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps : ce premier dimanche d'octobre était franchement splendide et j'ai rencontré là-bas de très nombreux collègues. Cependant, on ne peut pas dire que nous avons fait des affaires ! Si l'on compte ce que nous avons donné pour le droit d'entrée et pour notre modeste collation de midi, nous n'avons pas dû tirer plus de quarante euros de nos modestes ventes. D'autant que nous avions oublié chez nous un sac plein de livres et de CD ! Mais qu'importe ! Voilà un bon moyen de passer un dimanche pas désagréable, de se changer les idées et de respirer du bon air ! 

Par ailleurs, et ça n'a aucun rapport, j'ai vu, le soir venu, un film que j'ai beaucoup aimé : "Le Parfum", tiré d'un livre mythique que je n'ai pas lu. J'ai trouvé l’œuvre envoûtante, dérangeante et fascinante à la fois. J'ai adoré. Je pense que je vais m'offrir un nouveau livre sans tarder !

08 juin 2009

Une journée bien chargée.

Une fois n’est pas coutume, ce mercredi se déroula exactement comme prévu ! Miraculeux !

Nous avons commencé par quitter l’hôtel Zemgale où, contrairement à l’an dernier, nous ne pouvions rester pendant la totalité de notre séjour, en raison d’un événement sportif se déroulant à Riga. Nous sommes donc partis, nos valises dans le coffre, en direction du lycée horticole de Bulduri (prononcer Bouldouri) dont j’avais parlé en février 2008 !  C’était alors l’hiver et je n’avais pu photographier que l’intérieur des serres alors qu’en mai, Bulduri est infiniment plus riant et sa production nettement plus foisonnante.
          















Un Oiseau de Paradis



Une fleur parmi les fleurs, ha, ha !

Au terme d’échanges constructifs, et après avoir déjeuné dans la grande cantine du lycée (je ne pouvais m’empêcher de penser à la Grande Salle de Poudlard dans les aventures d’Harry Potter… ou bien à ces films d’autrefois se déroulant dans de vieilles écoles austères) nous nous sommes remis en route pour nous diriger vers la fameuse petite ferme bio où, traditionnellement, nous passons quelques heures à découvrir le fonctionnement de la ferme, déguster des fromages de chèvre et découvrir ou redécouvrir les joies du sauna et du plongeon dans la rivière en contrebas (et je ne me suis pas défilée, cette fois !).



Non, ce n'est pas une photo de la séance sauna !


Une Trabant ou ce qu'il en reste ! Vénérable vestige historique !
L’expérience du sauna a été un peu dure pour certains qui en sont ressortis “secoués” mais au fond ce fut encore l’occasion d’un très grand moment de convivialité. 

Et au terme de cette journée riche en découvertes, nous avons rejoint notre nouveau logement : les hébergement réservés aux étudiants de l’Université Agricole de Riga. Un lieu que nous avons bien vite rebaptisé “le Soviet System”, tant ils sont marqués par le style si longtemps imposé par l’envahisseur russe. Situés dans ce charmant complexe immobilier,



les appartements évoquaient immanquablement le film “Goodbye Lenin” voire certains reportages que l’on a l’habitude de voir sur l’ex-URSS. C’était tout à fait convenable, mais… comment dire ? On se serait vraiment cru dans un autre monde. Un monde où l’on n’aurait jamais pensé mettre les pieds et où le formatage des gens, des idées, des modes de vie voulu alors par les dirigeants en place, est encore palpable.
     








Enfin, Soviet System ou pas, nous étions quand même bien contents de nous poser un peu. Le seul véritable bémol, c’était l’eau : chargée de 40% de fer de plus que la dose autorisée en France, elle sentait volontiers le métal rouillé, voire l’oeuf pourri. Il arrivait même qu’elle soit quelque peu teintée d’orangé mais elle était toujours chaude, abondante, et permettait de bonnes douches bien réparatrices après d’aussi rudes journées. Après la toilette, au lit ! Demain serait encore un autre jour !